L’amant de Lady Chatterley – D.H. Lawrence

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Classique s’il en est de la littérature érotique, et pourtant…bien piètre roman érotique si vous voulez mon avis. Heureusement il regorge de bien d’autres trésors.

Lors d’une discussion avec P. il y a maintenant presque 8 ou 9 mois à propos de romans érotiques, à plusieurs reprise elle m’a cité celui-ci. Forcement face à une telle insistance ce roman devait avoir quelque chose dans l’érotisme. Parfois on est sensible et d’autres fois non, alors je n’émettrai pas de jugement. Enfin bon, c’est pas érotique pour un sous…rien d’osé ni de choquant. Il ne suffit pas d’écrire des scènes de sexe pour produire de l’érotisme, sinon 3/4 de littérature est érotique. Bilan érotique ? Zéro pointé.

Où ce situe donc le bon dans cet œuvre ? Dans les digressions et les fulgurances qu’offrent dialogues et descriptions ! Ce livre est une merveille sur ces points. Critique de l’industrialisation de masse et de la disparition de l’Angleterre agricole, de la terre qui était là de tout temps. La destruction des paysages et la pollution croissante semble affecter D.H. Lawrence puisque tout au long du roman cela revient dès qu’un paysage est décrit. Accompagnant la chute de cette nature, un portrait de la classe ouvrière comme hommes mort-vivants nous est présentée, sur fond de lutte des classes. Parce qu’au fond L’amant de Lady Chatterley c’est une question de lutte des classes, un garde-chasse de classe ouvrière, qui devient soldat et qui peut acquérir un statut supérieur qu’il refuse, et Lady Chatterley qui tombe éprise de cet homme inférieur à son statut, homme qui plus est au service de son mari. Amour impossible et derniers frétillements de la bourgeoisie et de l’aristocratie pour garder sa place au pouvoir.

L’amour, lui aussi disséqué sous son aspect platonique et charnel. Connie à la recherche du charnel, sa sœur Hilda quant à elle dans la platonique.

Tout est opposition dans cette œuvre : Clifford impuissant sexuel suite à des blessures de guerre mais au pouvoir, Mellors en capacité sexuelle mais impuissant sur l’aspect social, lui le simple garde-chasse. Opposition Connie et Hilda aussi.

Quelque part, l’amant de Lady Chatterley, Mr Mellors, est l’avenir de cette époque. L’homme qui refuse l’industrialisation massive et la disparition de sa campagne sans pour autant tomber dans le conservatisme, l’homme qui accepte l’émancipation des femmes et qui pense au-delà de la classe sociale.

(Et ça, P. ne m’en avait pas parlé. Décevant)

C’est un sacré bon livre en fait. Peut-être dans les meilleurs de ceux que j’aie pu lire jusqu’à présent.

Bonne soirée 😉

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Qui suis-je ? Être et devenir, un bref bilan de l’année 2017 et augure de 2018

(Parce qu’écouter Mono devrait être imposé à tout le monde, surtout lire cet article)

Voilà quelques mois que je suis présent sur WordPress, suite à une rupture (non souhaitée de ma part) ou événement assimilé, qui m’a fait lire, beaucoup lire.

2017 fut l’année des grands changements pour moi, l’année de l’éclosion. Au fond de moi vivais une volonté jusque là tournée vers la création de barrières psychologiques, m’auto-interdire le plaisir, sans raison. C’est vrai que j’ai tout pour être heureux et m’épanouir. Aucun événement ou passif traumatique, famille médiane, vie médiane. Je suis issu de la banalité incarnée, tout devrait donc aller comme avec la banalité. Mais non. Je l’ai refusé trop longtemps pensant que je ne peux rien apporter aux autres, que je suis inintéressant. C’est faux. Merci à P., femelle humaine de me l’avoir fait comprendre malgré la suite.

Oui, elle qui s’intéresse à moi. Comment est-ce possible ?! Je veux dire, elle a qui la vie était un océan de possibles et moi qui était cette coquille sans avenir. Et oui merde j’ai beaucoup à offrir, à donner et partager. Merci P.

La lecture intensive m’apprend beaucoup et je ne compte pas arrêter. Elle m’apprend à comprendre les humains, moi inapte aux rapports sociaux, elle m’apprend à mieux me connaître et m’assumer en tant qu’être et volonté. Le blog aussi. Il permet la rencontre d’intimités qui expriment leurs doutes sans la barrière du réel. C’est la rencontre d’êtres un peu comme moi, tout cela est rassurant. Ne pas être seul fait du bien. Sous couvert de blog littéraire, tout cela est vite devenu personnel et me fait un bien fou.

Je change au fil des jours vers un idéal à peine imaginable il y a un an. Heureux ? Presque. Mieux avec moi-même, mieux avec les autres.

Suis-je une caricature ? Gonflé et chargé de confiance en moi donc, ego surdimensionné. Tel un gaz je tends à m’étendre et prendre toute la place que je peux. Oui je suis une caricature ou plutôt je le suis qu’en apparence. Ce masque me permet d’être pleinement qui je veux être. Chaque jour ma volonté de puissance se montre et croît. Lion, je cours vers ma potentialité, j’exagère ma vie. Qui apprend exagère en premier lieu. Quand je me lance c’est à corps et âme, ce qui avec les humains peut se révéler fatal (comprendre, les femmes et l’amour). Mais pas grave, au moins je vis. Tant que ma force me le permet, les murs ne vont pas m’arrêter. Le porte-monnaie pour les vêtements, peut-être. Oui les vêtements, j’y prends vraiment un plaisir fou. Montrer ce que l’on veut de soi est une joie sans limite. Bien s’habiller pour soi, une joie encore supérieure. Tout cela donne de la confiance et une vision plus positive des choses. Intrication corps-esprit.

« L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-même de ce qu’on a fait de nous. ».

J-P Sartre, Saint Genet, comédien et martyr.

Arrogant ? Égocentrique ? Hautain ? Peut-être en apparence, et puis même, après 22 ans de non-vie j’ai moi aussi le droit à mon exubérance, le temps qu’il me plaira. Rien de tout cela n’est motivé par de l’arrogance ou un sentiment de supériorité, au contraire. Pendant ce temps je deviens de plus en plus tolérant et ouvert. Rencontrer et découvrir l’autre, pluriel, est mon plaisir, un but.

Tout cela ne serait pas possible sans mon déménagement à Lyon, ville où je ne suis personne et donc quelqu’un, un individu, celui que je souhaite être.

Chaque seconde de ma vie je m’écarte un peu plus de ce personnage, héros de mon adolescence, Eikichi Onizuka, et je m’en rapproche en même temps. Nietzsche aussi. Je doute encore beaucoup, cela ne m’empêche pas d’oser, d’éprouver le réel la peur au ventre parfois. Le tout est d’entretenir un cercle vertueux de petites victoires.

Plus de lectures pour l’an prochain. Entre juillet et aujourd’hui c’est pas loin de 42 livres pour 10 000 pages passées. Objectif 100 livres en 2018 et donc le double de pages, au moins 😉 De janvier à juillet je n’ai presque pas lu, au mieux 3 livres. La fac m’a beaucoup fatigué moralement à cette période, j’y allais en trainant des pieds (et faisant 2h de route par jour évidemment) donc je n’ai pas (beaucoup) lu…

Bonne année, merci de votre passage !

Mars – Fritz Zorn

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Hier soir j’ai fini Mars avec une sensation étrange. Ma lecture a commencé doucement il y a une ou deux semaines, à feu doux et puis hier soir j’ai lu presque 150 pages en peu temps, de la même façon qu’il a été écrit. Le début dans le calme, la fin dans l’empressement.

Je remercie Protypekblog pour la découverte de ce livre, qui tombe pile au bon moment dans ma vie. Il est de ces livres qui arrivent en effet au moment précis où l’on en a besoin, en particulier dans mon cas au moment où j’accepte enfin de vivre, où je casse doucement mes propres barrières psychologiques. 

Oui, Mars est bourré de bonnes citations, je pourrais remplir la page avec celles-ci mais je préfère en mettre qu’une seule :

Malgré toute la lâcheté apparente au refus de vivre, il faut en réalité une force incroyable pour s’imposer des limites, plus que pour se lâcher. Zorn accuse ses parents et la société bourgeoise pour ses névroses mais ne serait-ce pas aussi une inclinaison personnelle ? Une force, une grande volonté de puissance. On la ressent à l’approche de sa mort, la plume se presse, l’esprit refuse de mourir et se débat dans le verbe au dernier moment. Éduqué à mourir et refusant de mourir, Zorn livre un message très clair : il faut agir, vivre et se battre même si rien n’a de sens et que tout peut sembler vain. 

Une de mes lectures préférées de l’année.

Les amusements

J’ai commencé ma lecture de Mars par Fritz Zorn, dès les premiers chapitres le livre est déjà incroyablement riche en citation.  Je ne vais en garder qu’une pour cet article, une qui illustre tout à fait ma vie jusque là.

[…]car je ne m’étais jamais dis jusqu’à présent que les amusements n’étaient pas faits seulement pour les autres, mais aussi pour moi.

Mars, Fritz Zorn, page 78 (Folio poche).

Jusqu’à maintenant les amusements, la joie et le bonheur ne m’ont jamais semblé faits pour moi. Pour les autres oui, moi non. Pourquoi ? Je ne sais pas, une barrière psychologique a toujours été présente. Chaque jour je la casse de plus en plus, et la joie pénètre doucement ma vie, elle infuse. J’observe encore toujours trop le bonheur des autres et me refuse encore une partie du miens, mais j’apprends, j’apprends.

Tout ça est inclus dans une plus grande démarche que je décris dans Révolution, mais qu’on peut retrouver dans Paraitre bête et sa section commentaires. Est-ce que cela va durer ? Je dois avouer que l’effort est intense mais très plaisant.

Bonne soirée.

Rester vivant – Michel Houellebecq

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C’est acté, j’adore le style de Michel Houellebecq. Cette chronique sera très rapide, en attente d’un nouveau très grand article sur cet auteur, le précédent étant ici : Le cas HouellebecqLe cas Houellebecq.

J’ai entendu parler de ce recueil par Audrey à travers des citations et extraits du livre qui m’ont donné envie. Quelques semaines après j’ai donc craqué et acheté le livre que j’ai lu dans la journée après l’achat, il y a deux jours ! Incisif et cynique à souhait, le recueil est parfait. Plusieurs nouvelles et papiers trainent, de différentes époques allant de 1992 à 1995 je crois.

Si vous me lisez depuis le début, vous avez connaissance de mon article sur L’envers et l’endroit d’Albert Camus, son œuvre première qui explique tout. Rester vivant est L’envers et l’endroit de Houellebecq. Tous les thèmes repris dans ses romans sont là, distillés et discutés sans être approfondis. L’aspect sexuel est un peu moins développé mais tout de même présent. A la différence de Camus, Houellebecq écrit ici une merveille dès le début, son style est bien meilleur que maintenant à vrai dire, comme s’il perdait en qualité littéraire avec le temps, l’inverse de tout bon écrivain. Étrange.

Le style Houellebecq est déjà présent, cynique. Les détails techniques abondent entre des phrases percutantes et très rythmés, parfois sales. Un plaisir fou. J’avais oublié à quel point lire du Houellebecq est vivifiant, qu’on soit en accord ou non avec lui.

Merci Michel.

 

Le miracle Spinoza – Frédéric Lenoir

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(Lecture en partenariat avec NetGalleyFrance et Fayard)

Déjà lecteur de Frédéric Lenoir, c’est avec plaisir que je le retrouve avec ce livre sur Spinoza, philosophe qui m’intrigue mais que je ne connaissais pas du tout. On retrouve le style très fluide et pédagogique de Lenoir, il est sans aucun doute un très bon pédagogue. Comment on peut expliquer ça ? Il est passionné, extrêmement passionné par les sujets sur lesquels il écrit. Dès le début du livre on apprend qu’il est très fan de Spinoza.

J’ai déjà lu son Petit traité d’histoire des religions et Le Christ Philosophe. Surement un autre encore mais je n’ai pas accès à ma bibliothèque à l’heure où j’écris cet article et ce n’est pas très important. J’apprécie l’homme et l’intellectuel qu’il est.

Venons en au livre ! Très facile d’accès pour les non philosophes amateurs, il permet vraiment d’introduire doucement la philosophie de Spinoza avec des explications très claires. Le style Lenoir est très fluide comme je l’ai déjà dis plus haut et c’est au service du contenu riche. Attention, riche ne veut pas dire étourdissant, l’essentiel est parfaitement explicité ! Pas question de faire un résumé ici, ce n’est pas très intéressant. Si vous souhaitez découvrir une philosophie basée sur la joie et le bonheur alors foncez, Spinoza est très libérateur, incroyablement génial pour son temps voire même le notre en fait…

Par contre les passages qui incluent Freud, je n’en peux plus. Il me semble que mon corps et mon esprit sont allergiques à ces conneries.  Très clairement c’est mon seul bémol. La fin rattrape cela avec une correspondance qui débat du  caractère athée ou non de Spinoza. L’idée de joindre cette correspondance est absolument géniale.

C’est clairement un livre que je peux offrir à quelqu’un qui n’a pas de notion en philosophie mais qui souhaiterais découvrir ce domaine tout en douceur.  Je sais, critique très laconique mais encore une fois je n’ai rien à redire…Je choisis généralement que des livres qui vont me plaire, c’est ça le problème…

Besoin de vos conseils

Très simplement, quel livre offrir à une pré-ado de 12 ans ? Ma petite cousine m’a confessé commencer apprécier à lire alors je me suis dis, pourquoi pas en profiter pour lui offrir un livre à noël. Par contre je n’y connais rien du tout.

Je suis preneur de toutes vos suggestions !

Je te dois tout le bonheur de ma vie – Carole D’Yvoire

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(Lecture pour NetGalley France)

Je ne connaissais Virginia Woolf que de nom ou tout au plus qu’elle a fortement marqué la littérature anglaise, donc presque rien. Sans surprise on apprend beaucoup de chose sur cette femme assez extraordinaire en parallèle de son futur mari – Léonard Woolf.

Née Virginia Stephen puis tardivement mariée à Léonard Woolf, et ce n’est pas un jugement de valeur, son histoire est touchante. Féministe, femme de lettre et intellectuelle dans une époque où les femmes n’avaient pas spécialement la parole, on ressent la difficulté qu’elle a dû éprouver pour s’imposer. Malade avec des crises assez violentes, d’ailleurs je l’ai découvert ainsi il y a quelques années…on partage les migraines (mais j’en suis pas à son stade bien heureusement pour moi…). Seul un Léonard Woolf correspondait à cette femme, c’est clair et net. 

Si comme moi vous aimez les lettres d’amour et niaiseries du genre, vous allez être à moitié servi. Il n’y en a pas assez mais les extraits que l’on peut lire tout au long de la biographie sont très touchants. Des lettres d’amour à l’approche de leur trentaine, c’est assez surprenant. On dirait des adolescents avec des mots d’adultes, des adultes écrivains.

Au passage j’ai découvert que John Maynard Keynes fut membre du Bloomsbury Group, tout comme Léonard et Virginia…Keynes est un pilier de l’analyse macroéconomique, depuis la crise de 2008 ses analyses reviennent au gout du jour, en plus travaillé et modernisé mais son approche revient. C’est fou de découvrir qu’il a fait parti d’un tel groupe mais ça explique des choses…

Qu’est-ce que je pense de ce livre ? Je suis mitigé en fait. Pourquoi ne pas avoir raconté plus en détail ? Ne pas avoir sorti plus d’extraits de la correspondance ? Ça me semble un peu bref tout ça…On a deux nouvelles exclusives en fin d’ouvrage. D’accord…mais….ouais je reste un peu sur ma faim, j’en attendais surement trop. Cependant si vous ne connaissez pas V. Woolf, foncez ! Surtout pour le prix affiché, c’est très correct.

(Le titre est ultra niais mais putain que c’est beau)

Sébastien Tellier

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Je crois qu’une série sur les hommes et/ou artistes que j’adore commence. Nietzsche, Xavier Dolan et maintenant Sébastien Tellier. Vous le connaissez peut-être, il passe quelques fois pour sa promo sur les chaines de télévision avec des passages loufoques voire gênants. Musicien électronique français d’une quarantaine d’années dans un style electro, electro-pop très kitsch et « nu-disco », c’est pour moi un autre génie masculin.

Plusieurs albums au compteur dont des très mauvais et trois excellents à mon avis, auquel s’ajoute un album remix de Sexuality qui est extraordinaire. Je ne parlerais pas du mauvais, seul le bon m’intéresse et mérite qu’on y prête attention.

On commence avec l’album Sexuality (2008), véritable chef-d’œuvre que j’écoute presque tout le temps en fait…Il accompagne tous les moments de ma vie, quand ça va et quand ça va pas. Sous prétexte d’explorer la sexualité, Tellier nous livre un message bien profond que ça, avec un vrai questionnement de ce qu’est l’amour, l’attirance, le désir, etc…Les paroles sont très simples, très kitsch mais parfois très touchantes (je pense à L’amour et la violence).

Dis-moi ce que tu penses ?
de ma vie, de mon adolescence,

Dis-moi ce que tu penses ?
j’aime aussi l’amour et la violence,

Je pourrais citer toutes les chansons de l’album en ajoutant : elle est géniale cette-ci. Son utilisation des synthétiseurs est renversante de simplicité et d’efficacité. Nappes et arpèges avec une attaque très rapide, un sustain tout aussi bref. Les notes rebondissent, stimulent mes pauvres neurones. Le son général de l’album est magnifique, très bien produit et mixé, très moderne en quelque sorte alors que tout le kitsch du monde guette à chaque instant. Si vous cherchez du groove, vous allez en trouver ici.

My God is Blue sort en 2012 avec une promo assez loufoque autour de l’alliance bleue et d’un faux mouvement religieux. Tellier s’érige en gourou, grande barbe et vêtu de blanc. L’album prend une toute autre ampleur avec la participation de Guy-man’ des Daft Punk (oui c’est tout le même monde…) et qui signe particulièrement le titre My Poseidon, ma claque dans cet album. On est clairement pas dans la même vibe que Sexuality mais c’est tout aussi plaisant, électronique et groovy. Je le trouve plus raffiné, plus réfléchi ce qui est très probablement du à la présence de Guy-man’. Malheureusement mon cœur va à Sexuality.

Love songs regorge de pépites dont la reprise de Christophe : La Dolce Vita. C’est là qu’on se rend compte qu’il est super musicien à coté de son coté guignol et kitsch. Très poétique moment. Vous retrouvez tous les classiques de Tellier sur cet album dont l’excellent La Ritournelle qu’on connait tous sans le savoir. Album à écouter au calme mais attention, certaines me filent le bourdon comme jamais…par exemple Universe.

Et puis il y a Sexuality – remix. Un remix de Sexuality donc…Typiquement j’ai appréhendé la première écoute. Vous vous rendez compte, le remix d’un de mes albums préférés, la déception peut être grande…Plusieurs DJ et musiciens sont sur le projet, et le résultat est sublime. Ils s’amusent avec le matériaux de base, changent tout et subliment les compositions de Tellier au delà du possible. Finger Of Steel remixée par Hypnolove est magique…Il y a aussi la version de L’amour et la violence qu’on retrouve à la fin de La crème de la crème. Orgie de synthés et de bon gout, je suis encore plus fan de Sexuality avec ces remix. (Je ne peux pas m’empêcher de vous partager ce remix de Divine : https://youtu.be/muTEeDyB8EQ )

Enfin je devrais faire un article complet sur Sexuality, pourquoi il est outrageusement génial, mais rien ne vaut une écoute pour s’en rendre compte. Les mots ne remplacent pas les sons. Ils sont un doux palliatif aux sensations réelles, physiques, que la musique peut procurer. Tellier est un maitre de la simplicité et des émotions, sa sensibilité est impressionnante et me touche.

Bonne soirée.

Médiocrité

Je suis allé voir le spectacle laser du village de mes parents, projeté contre l’église.

Cette technologie est extraordinaire, j’adore le concept. Je n’avais jamais vu ce genre de spectacle n’habitant pas en ville jusque là. C’est tout simplement génial, les possibilités offertes sont impressionnantes. On peut faire vivre des scènes sur un simple mur, expérience est 4D grâce au relief apporté par les jets de fumée. Le laser pénètre la fumée, éclaire les particules et tout prend volume. Une scène vivant s’offre aux yeux dans une élégance indescriptible. Beauté absolue accentuée par la nuance des couleurs offertes par

Ajoutez de la musique à fort volume, les vibrations dans le corps ajoutent une dimension, une vie à l’expérience globale. Mais voilà, il y a toujours un mais. Avec une telle technologie, pourquoi se contenter de projeter des formes au hasard ? Des personnages sans histoire ? Sans lien ? Pour un petit village cela est compréhension, les prestataires ne sont pas des artistes dans l’âme, on est là pour divertir les enfants avant tout…C’est tout de même dommage de gâcher un tel potentiel poétique.

Mon sujet arrive. Je hais la médiocrité. Ce qui est moyen. Juste moyen, pas mauvais ni bien. Moyen. Pourquoi donc ?

Rappel de moi-même. Jamais bon, jamais mauvais. Toute ma vie n’est que médiocrité jusque là, par flemme et peur. Regardez ce blog par exemple, aucun article vraiment poussé et je peux l’argumenter assez aisément :

  • Personne n’aime lire des articles de 20 pages.
  • Plus c’est complexe plus on perd les gens, moi le premier
  • J’ai des délires particuliers

Donc…je m’impose des articles simples, rapides. Médiocres en somme. J’écris pour être lu, comme tout le monde.

Un écrivain écrit en grande partie pour être lu (ceux qui disent le contraire, admirons-les, mais ne les croyons pas).

Camus. L’été.

Je ne suis pas écrivain mais on s’en fout un peu…ça convient à tout le monde.

Suis-je réellement médiocre ? Non. Certainement pas mais comment puis-je remédier à ce problème ?

Le pire est que je vais terminer ce billet avec médiocrité, comme ça, parce que si je développe, ça va être trop chiant.

Bonne soirée.

Bonn